Exhibition

Ici, le jour n'en finit pas

Alexandre Leger

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Il arrive que des aventures artistiques aient besoin d’un peu de lenteur pour s’écrire, se lire, installer quelque chose comme leur monde, un espace-temps, un langage, qui leur est propre et ne va pas forcément de soi. À l’évidence la démarche artistique d’Alexandre Leger fait partie de ces aventures singulières silencieuses, qui participent du paysage artistique contemporain français et européen.

Alexandre Leger s’est d’abord destiné à une carrière scientifique, médicale en l’occurrence, avant de s’orienter vers une pratique artistique. Diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2003, il n’a eu de cesse depuis plus de vingt ans de développer une démarche où le dessin devient une écriture, un langage où mots, citations et espaces dessinés cohabitent et explorent de nouveaux horizons dessinés.

Fondamentalement dessinateur, mais aussi sculpteur au sens de fabricant d’objets, il développe une œuvre d’une très grande intégrité, hors des sentiers battus, qui mêle culture populaire et culture savante à un ressenti sensible dans un tourbillon de formes inquiétantes et réjouies. Son travail, presque exclusivement consacré au dessin, puise son inspiration dans le quotidien de l’artiste. Tout devient ainsi sujet d’un dessin : boites de médicaments, ordonnances, objets trouvés, vieux cahiers d’écolier, cartes postales jusqu’aux livres qui peuplent sa bibliothèque et qu’il reproduit soigneusement en les sculptant dans des gommes. Dans sa pratique, l’histoire du dessin se joue sur le terrain de l’autre, non sans humour et légèreté, faisant preuve d’une capacité d’écoute rare et d’un imaginaire nourri de ses trouvailles quotidiennes où tout se crée, se transforme, se métamorphose comme autant de microfictions, de nouveaux récits insoupçonnés.

Les gestes d’écritures d’Alexandre Leger sont à la fois des aventures individuelles et collectives façonnées de subjectivité, d’audace et de doute. Elles sont toutes le fruit d’une pensée incarnée, elle aussi individuelle et collective qui trouve son apogée dans l’altérité et le regard d’autrui. Les horizons dessinés métaphoriques, parfois oniriques, dont il est question ici, nous entrainent de lignes en aplats vers les territoires du désir, du rêve, d’imaginaires singuliers qui sont autant d’opportunités de vibrantes découvertes.

Pascal Neveux, commissaire d'exposition