“Lady Godiva on her poney”

Tereza LOCHMANN, vit et travaille à Paris et à Pantin
“Lady Godiva on her poney”, 2019

Le Frac Picardie a fait l’acquisition en 2021 d’une œuvre de Tereza Lochmann. Production qui associe peinture, gravure et sculpture, cette œuvre dépasse la fonction principale de la matrice pour la présenter sous forme de relief et l’exposer au public.
La gravure est ici traitée comme la peinture et des espaces lacunaires apparaissent pour offrir une vibration et la spontanéité de la technique.
Inspirée de la légende de Lady Godiva, Tereza Lochmann nous présente une vision singulière de ce conte médiéval et contemporanéise celui-ci en nous dépeignant une scène humoristique mais aussi pleine de gravité.
La compilation et la superposition d’images gravées puis encrées donnent à voir une fresque narrative dérangeante où les distinctions entre l’homme et l’animal, l’humanité et la sauvagerie tendent à disparaitre.
Le modèle du paravent utilisé fait directement écho au conte lui-même. Cette fresque devient ici le mobilier autour duquel les visiteurs peuvent se cacher ou se révéler, comme en référence à la pudeur que les habitants auraient pu avoir lors du passage de Lady Godiva, nue dans les rues de la ville de Conventry. Les percements dans le relief offrent aux visiteurs l’expérience de Tom, le seul curieux selon la légende, ayant jeté un coup d’œil.

Teresa Lochmann :
Œuvre combinant gravure, sculpture et dessin sur bois
Relief et encres lithographiques sur bois, 125 x 200 cm
© Galerie Kaléidoscope

L’époque contemporaine, la taille de la monture de Lady Godiva a diminué en raison de la pollution des centrales électriques et des pesticides. Le destrier intoxiqué est devenu poney. À l‘inverse, la fière cavalière, à force de se nourrir d’antibiotiques et de perturbateurs endocriniens a légèrement grandi. Ses pieds trainent par terre. Elle n’a plus l’élégance et l’érotisme des fameuses toiles du XIXe siècle dédiés à cette même légende. Elle erre désormais dans la nuit éternelle, traversant des forêts divines, loin de la ville de Coventry qu’elle a quittée il y a plusieurs siècles.
Accompagné par un indispensable chien doppelgänger, le visage de l’héroïne se transforme petit à petit et s’imprègne d’un aspect canin. En revanche, sur la figure de son compagnon commencent à surgir quelques traits humains, par solidarité et dans le cadre d’un échange inter espèces financé par le Ministère de la Culture.

Par Tereza Lochmann, pour CinéCiné.

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